Le Caladre : scène 3

Simon Foucher
Written by Simon Foucher

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Toujours dans le salon. Le Croque-Mort, son oiseau et Blanche ne sont plus là. Sous la porte située dans le fond de la pièce, de la lumière bleutée s’éteint et s’allume de manière irrégulière, comme s’il y avait de l’orage. Ces oscillations sont ponctuées des cris du blessé.

GALLOIS, faisant les cents pas.
C’est intenable ! Je regrette… comme je regrette… Il cri comme si la Mort elle-même était à ses trousses, avec sa faux, son habit noir et son regard inquisiteur. Que l’on lui vienne en aide, par pitié ! Par pitié ! Mais qu’avons-nous fait ?

HARANG
Cesses dont de jacasser ! Ces cris me donnent déjà la nausée et tes gémissements vont avoir raison de ma personne. Nous avons fait ce qu’il y avait de mieux pour lui… je crois.

GALLOIS
Comment peux-tu dire cela, alors que ton ami s’essouffle à hurler pleins poumons pour protester ? Ce nain est un monstre manipulateur, un diable, une harpie, un inferius doué d’une conscience perverse ; il est Tu-Sais-Qui en personne, la réincarnation du Mal ! L’entends-tu ? L’entends-tu ? La satisfaction du démon ?

HARANG
Une nouvelle fois je t’en pries, arrête tes cérémonies, je ne m’entends plus penser !

GALLOIS
Penser ? A quoi peux-tu penser en de pareils moments ?

HARANG
Je pense à la suite…

GALLOIS
La suite ?

HARANG
Ce que nous allons faire… de lui… de nous… Où le mettre et comment le défendre ?

GALLOIS
Je…

Blanche sort de la pièce, laissant passer quelques hurlements plus audibles encore. Elle porte dans ses mains une bassine d’eaux chaudes et une serviette rougie par du sang. Elle semble épuisée.

HARANG
Alors ?

BLANCHE
Alors tout va bien, ne vous en faites pas.

GALLOIS
Tout va bien ? Ne vous moquez pas du monde, nous entendons tout !

BLANCHE
La douleur est inévitable, dans ce genre d’opération. Et il se débat, ce qui n’arrange rien…

HARANG
Mais ne pouvait-il pas l’endormir ? C’est inhumain de le laisser endurer une telle souffrance.

BLANCHE
Nous l’avions fait. Puis il s’est réveillé…

GALLOIS
Alors rendormez-le !

BLANCHE
Cela serait parfaitement inutile.

HARANG
Pourquoi ?

Un cri plus fort que les autres. Les trois personnages observent la porte d’un air apeuré. Puis Blanche pose la bassine sur la table, là où l’oiseau était auparavant.

BLANCHE
Ecoutez, laissez les choses se faire et tout ira bien. L’oiseau a indiqué qu’il s’en sortirait.

Silence.

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